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· 11 min de lecture
Deux jaunes valent le panier en forêt : la girolle, à plis épais et odeur d'abricot, et la chanterelle jaunissante, au pied jaune vif et creux. Le reste, fausse girolle, amanite citrine, agaric jaunissant, tricholome équestre interdit à la vente depuis 2005, polypore soufré, hypholome amer et inocybe de Patouillard mortel, se laisse sur place. Dans un pot de fleurs, le petit jaune vif du terreau est presque toujours la lépiote jaune : sans danger pour la plante, à retirer si de jeunes enfants ou des animaux y ont accès. Le pleurote jaune citron, lui, est comestible et cultivé en Asie, mais il s'échappe parfois des kits de culture domestiques. Faites vérifier tout jaune douteux par un pharmacien ou une société mycologique.


Girolle (Cantharellus cibarius)

Chanterelle jaunissante (Craterellus lutescens)

Fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca)

Amanite citrine (Amanita citrina)

Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus)

Tricholome équestre (Tricholoma equestre)

Polypore soufré (Laetiporus sulphureus)

Hypholome en touffes (Hypholoma fasciculare)

Inocybe de Patouillard (Inocybe erubescens)

Pied-de-mouton (Hydnum repandum)

Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius)
Un champignon jaune trouvé en forêt et un champignon jaune surgi dans un pot de fleurs ne sont presque jamais la même chose. En sous-bois, en France, deux espèces jaunes valent le panier : la girolle et la chanterelle jaunissante ; le reste de la gamme, fausse girolle, amanite citrine, agaric jaunissant, tricholome équestre (bidaou), polypore soufré, hypholome en touffes et inocybe de Patouillard, se laisse sur place ou demande des précautions strictes. Dans un pot de fleurs ou une jardinière d'intérieur, le petit champignon jaune vif qui pousse soudainement dans le terreau est presque toujours la lépiote jaune (Leucocoprinus birnbaumii) : sans danger pour la plante, mais à ne pas laisser dans la bouche d'un enfant ou d'un animal. Le jaune est la couleur la plus piégeuse du guide : elle réunit la meilleure comestible de l'été, un locataire inoffensif des plantes vertes, et plusieurs espèces à problème réel. La couleur ne tranche jamais rien : c'est ce qu'il y a sous le chapeau, ou l'endroit où ça pousse, qui décide.
Cet article complète notre tri des champignons orange, la teinte voisine et tout aussi ambiguë sur le terrain : une girolle mûre ou une chanterelle jaunissante bien colorée peuvent virer à l'orangé, et inversement une oronge jeune paraît presque jaune. Dans le doute entre les deux articles, retenez le réflexe commun : retourner le champignon.
| Champignon jaune | Critère qui tranche | Comestible ? | En détail |
|---|---|---|---|
| Girolle | Critère qui tranchePlis épais fourchus, pas de lames | Comestible ?Oui, excellente | En détailFiche |
| Chanterelle jaunissante | Critère qui tranchePied jaune orangé vif, creux | Comestible ?Oui, excellente | En détailFiche |
| Pied-de-mouton | Critère qui trancheAiguillons sous le chapeau, pas de lames | Comestible ?Oui, bonne | En détailGirolle ou pied-de-mouton |
| Amanite citrine | Critère qui trancheBulbe marginé + volve, lames blanches | Comestible ?Non, sosie de la phalloïde | En détailAmanite citrine ou phalloïde |
| Tricholome équestre | Critère qui trancheLames et pied jaune soufre | Comestible ?Non, vente interdite | En détailFiche |
| Hypholome en touffes | Critère qui trancheTouffe sur souche, lames vert olive, chair amère | Comestible ?Non, toxique | En détailFiche |
| Clitocybe de l'olivier | Critère qui trancheTouffe serrée sur souche, vraies lames | Comestible ?Non, toxique | En détailFiche |
| Lépiote jaune des pots | Critère qui tranchePousse dans un pot de fleurs, jamais en forêt | Comestible ?Non, sans intérêt | En détailEn détail |
| Pleurote jaune citron | Critère qui trancheTouffe sur bois mort de feuillus, chapeau jaune vif | Comestible ?Oui, cultivé en Asie | En détailEn détail |
| Trémelle mésentérique | Critère qui trancheMasse gélatineuse jaune à orangé, ni chapeau ni lames | Comestible ?Oui, sans intérêt culinaire | En détailGenre à part (gelée) |
Un dernier cas règle le doute sur les aiguillons : le pied-de-mouton, crème à jaune ocracé, n'a ni plis ni lames mais des aiguillons fins et serrés sous le chapeau, signature absolue de l'espèce. Retourné, il ne se confond avec aucune girolle ; le détail est dans girolle ou pied-de-mouton.
Trois vérifications suffisent à trier la quasi-totalité des jaunes rencontrés en forêt :
Jaune d'œuf à jaune orangé, chair ferme, odeur nette d'abricot-mirabelle, et surtout des plis épais et fourchus qui descendent sur le pied, jamais de lames. Elle pousse au sol, dans la mousse des bois acides, de juin aux premières gelées, et ne se mange pratiquement jamais véreuse. C'est l'un des champignons les plus sûrs pour débuter : la fiche girolle détaille tous ses critères, et où trouver des girolles explique comment repérer une place.
Chapeau brun ocré en entonnoir, mais pied jaune orangé vif et creux, c'est lui qui attire l'œil dans la mousse. Face fertile presque lisse, à peine ridée. Elle sort par centaines d'octobre à décembre là où le sol est acide et humide, sous les pins comme sous feuillus. Voir la fiche chanterelle jaunissante.
Le sosie le plus fréquent du panier jaune, sans toxicité grave connue mais sans intérêt culinaire : le GMBVS la dit « non toxique mais sans intérêt gastronomique », et on la laisse en forêt par prudence. Orange plus soutenu que la girolle mais suffisamment jaune pour tromper, de vraies lames fines et serrées, une chair molle, et un habitat de litières d'aiguilles et de bois pourri. Le face-à-face complet : girolle ou fausse girolle.
Jaune citron pâle, parfois presque blanche, avec un anneau et une volve soudée à un bulbe en navet nettement marginé. Sa toxicité propre est faible, mais elle pousse dans les mêmes bois que l'amanite phalloïde, souvent à quelques mètres, et un cueilleur qui apprend à la reconnaître apprend à lire une amanite en entier. Elle se distingue par une odeur franche de pomme de terre crue, à sentir en cassant le bulbe : la phalloïde, elle, a un chapeau verdâtre et une volve en sac libre, jamais un bulbe marginé. Le détail complet est dans amanite citrine ou amanite phalloïde et la fiche amanite citrine.
Blanc et charnu au premier regard, il tire son nom d'un jaunissement vif et immédiat de la chair à la base du pied dès qu'on la frotte ou qu'on l'entaille, avec une odeur de phénol ou d'encre désagréable. Il pousse dans les mêmes prairies et jardins que le rosé des prés, ce qui en fait l'intoxication la plus fréquente de France en nombre de cas, avec crampes, vomissements et diarrhée dans les heures qui suivent. Voir la fiche agaric jaunissant.
Chapeau et pied jaune soufre, lames jaunes, il a longtemps été un champignon de tradition dans les pinèdes sableuses des Landes. Des intoxications graves documentées à la fin des années 1990, rhabdomyolyses avec des décès en France, ont montré que le risque n'est pas dans un repas isolé mais dans leur répétition rapprochée. Sa vente est interdite en France depuis un décret de septembre 2005, et le guide ne le recommande plus, quelle que soit la cuisson. Détails dans la fiche tricholome équestre et le face-à-face tricholome prétentieux ou bidaou.
Impossible à confondre avec les précédents : ce ne sont pas des chapeaux isolés mais une cascade de consoles jaune soufre à orange imbriquées sur un tronc, visible à cinquante mètres, souvent à hauteur d'homme sur un vieux chêne, cerisier ou saule. Sous la console, des pores fins et serrés, jamais de lames. Il n'a aucun sosie dangereux en France, mais deux règles strictes : ne prendre que la marge tendre des jeunes exemplaires (celle qui s'entaille à l'ongle) et vérifier l'arbre porteur, car sur if, robinier ou conifère il concentre des composés toxiques de son hôte. Cuit uniquement, en petite portion la première fois. La fiche polypore soufré détaille les précautions.
Ces touffes serrées de dizaines de petits chapeaux jaune soufre, presque toujours vues au pied d'une souche, sont le sosie le plus fréquent des comestibles poussant en touffe sur bois (armillaire, pholiote). Deux critères le démasquent en quelques secondes : ses lames passent par un vert olive caractéristique avant de noircir, et sa chair est franchement amère à la langue. Amer = on laisse, sans autre examen : c'est le réflexe qui sécurise tout ce groupe de champignons en touffe. Voir la fiche hypholome en touffes et le face-à-face armillaire ou hypholome.
Seule espèce de cette liste à sortir au printemps, dans les mêmes lisières calcaires et au même moment que le mousseron de la Saint-Georges. Chapeau blanchâtre à jaune paille, fibrilleux comme peigné, souvent fendu sur le bord : rien d'alarmant au premier regard. Mais il rougit franchement au froissement et à la coupe, là où le mousseron reste blanc immuable, et son odeur est désagréable au lieu de la farine fraîche attendue. C'est le champignon le plus toxique du genre Inocybe, responsable de décès documentés : la moindre tache rouge condamne toute la récolte. Détails dans le face-à-face mousseron de printemps ou inocybe.
Photo : Paul van de Velde, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
Ce petit chapeau jaune vif et floconneux, haut de 2 à 5 cm, qui perce soudainement le terreau d'une plante en pot ou de serre, n'a rien à voir avec les espèces de forêt : c'est presque toujours la lépiote jaune (Leucocoprinus birnbaumii). Lames et pied jaune vif, anneau souvent fugace, odeur faible de caoutchouc et saveur amère.
Sans intérêt culinaire et classée toxique en cas d'ingestion (diarrhée, vomissements et nausées, de légers à sévères selon Penn State Extension), elle ne représente en revanche aucun danger pour la plante elle-même. Il n'y a donc aucune raison de jeter la plante ni de changer tout le pot : la seule précaution utile concerne les jeunes enfants et les animaux domestiques, à qui il vaut mieux retirer le chapeau dès qu'il apparaît, avant qu'il ne soit porté à la bouche.
Photo : Innagasaki, Wikimedia Commons (CC0 1.0)
Le pleurote jaune citron (Pleurotus citrinopileatus) pousse en touffes denses de petits chapeaux en entonnoir, jaune vif à brun doré, pâlissant vers le beige avec l'âge, 2 à 6,5 cm, aux lames blanches très décurrentes. C'est un décomposeur de bois mort de feuillus, trouvé surtout sur les ormes, aussi sur chênes, frênes, charmes et hêtres, qui attaque parfois des arbres vivants affaiblis ou blessés. Originaire d'Extrême-Orient (Russie orientale, Japon, Chine), il y est cultivé et consommé depuis les années 1980 pour ses usages culinaires et médicinaux, selon l'institut de recherche forestière suisse WSL.
C'est un échappé de culture : les cultivateurs amateurs utilisent des kits de culture qui produisent des fructifications en deux à trois semaines, et une partie de la propagation dans la nature vient de substrats mal éliminés, jetés dehors une fois épuisés. Le champignon a été observé en forêt pour la première fois en France dès 1982, puis au Danemark (1998) et en Suisse (1999), toujours en découvertes isolées. Aux États-Unis en revanche, où il a été photographié pour la première fois en pleine nature en 2010 dans l'Iowa, il s'est répandu beaucoup plus vite : présent dans 29 États en février 2024, il y est désormais classé espèce envahissante, car sa présence réduit la diversité des champignons locaux. En Suisse et plus largement en Europe, le WSL ne le considère pas encore comme invasif, faute d'un nombre d'observations suffisant, mais recommande déjà aux cultivateurs amateurs d'émietter et de composter leurs kits usagés plutôt que de les jeter dehors.
Photo : Norbert Nagel, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)
Un dernier jaune n'a ni chapeau ni lames : la trémelle mésentérique (Tremella mesenterica), masse gélatineuse tuberculeuse puis plissée, jaune d'or virant à l'orangé. Ce n'est pas un décomposeur de bois comme les précédents mais un parasite d'autres champignons, les corticiés du genre Peniophora, qu'on trouve toute l'année sur du bois mort de feuillus. Comestible mais sans intérêt culinaire selon MycoDB, sa texture gélatineuse sert tout au plus à épaissir un bouillon.
| Espèce | Dessous du chapeau | Base du pied | Verdict |
|---|---|---|---|
| Girolle | Dessous du chapeauPlis épais, fourchus | Base du piedSans volve ni bulbe | VerdictExcellente |
| Chanterelle jaunissante | Dessous du chapeauPresque lisse, ridé | Base du piedPied creux, sans volve | VerdictExcellente |
| Fausse girolle | Dessous du chapeauVraies lames serrées | Base du piedSans volve ni bulbe | VerdictÀ écarter |
| Amanite citrine | Dessous du chapeauVraies lames blanches | Base du piedBulbe marginé + volve | VerdictÀ laisser (sosie de phalloïde) |
| Agaric jaunissant | Dessous du chapeauVraies lames roses puis brunes | Base du piedJaunit à la coupe | VerdictToxique |
| Tricholome équestre | Dessous du chapeauVraies lames jaunes | Base du piedSans volve | VerdictInterdit à la vente, à laisser |
| Polypore soufré | Dessous du chapeauPores fins, pas de lames | Base du piedPousse sur tronc, sans pied | VerdictComestible jeune et cuit, vérifier l'arbre |
| Hypholome en touffes | Dessous du chapeauLames vert olive puis noires | Base du piedEn touffe sur souche, chair amère | VerdictToxique |
| Inocybe de Patouillard | Dessous du chapeauVraies lames brun terreux | Base du piedRougit au froissement | VerdictMortel |
Aucun article ne remplace un avis d'expert sur une récolte réelle, et notre guide pour reconnaître un champignon comestible ne dispense pas de ce contrôle. En cas d'hésitation sur un jaune, faites vérifier votre panier par un pharmacien formé à la mycologie ou une société mycologique locale, la démarche est décrite dans faire identifier ses champignons. Si un repas de champignons est suivi de symptômes, même des heures plus tard, appelez un centre antipoison ou le 15 sans attendre, en conservant les restes : les bons réflexes sont détaillés dans j'ai mangé un champignon toxique, que faire.
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Consultées à la rédaction de l'article. Aucune ressource en ligne ne remplace une vérification en pharmacie ou en société mycologique.
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