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Les premiers orages font sortir girolles et cèpes d'été.
Le vrai coup d'envoi de la saison chaude : les orages de juin, s'ils sont copieux, déclenchent la première pousse de girolles et de cèpes d'été (Boletus reticulatus) dans les chênaies claires. Les années sèches, il faudra attendre août, tout se joue sur l'eau.
Un cumul orageux ≥ 30 mm suivi d'une semaine douce sans canicule : première fenêtre à cèpes d'été 8-10 jours plus tard.
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Excellent comestibleLe cèpe d'été ouvre la saison des « gros pieds » : dès la fin mai les bonnes années, il répond aux orages là où le cèpe de Bordeaux attendra septembre. Très proche de son cousin en qualité, il s'en distingue par un chapeau mat et sec (jamais luisant), une chair plus tendre et un réseau qui couvre presque tout le pied. Défaut connu : véreux plus vite que tout autre cèpe, le contrôle sur coupe est systématique.
Excellent comestibleLe cèpe des pins complète le quatuor des grands cèpes français, aux côtés du Bordeaux, de l'été et du bronzé. On le reconnaît à sa teinte : son chapeau tire franchement sur le ROUGE BRIQUE ou l'acajou, là où les autres restent bruns, et son pied trapu se teinte de rougeâtre. C'est le plus montagnard et le plus tardif des quatre, il donne encore en novembre dans les pessières, quand les chênaies de plaine sont vides. Il partage tous les caractères rassurants du groupe : tubes blancs puis jaunes, chair blanche immuable, pas un gramme de rouge sur les tubes ni de bleuissement.
Comestible bien cuit uniquementLe bolet à pied rouge est le champignon qui fait reculer les débutants pour la plus mauvaise des raisons : sa chair jaune devient BLEU ENCRE en une seconde dès qu'on l'entaille, et son pied est semé de points rouges. Deux signaux qui ressemblent à des avertissements, et qui n'en sont pas. C'est un très bon comestible, à condition de le cuire franchement. Le vrai enjeu de sa fiche est de dissiper la confusion la plus répandue chez les cueilleurs français : le bleuissement n'est PAS un signe de toxicité, et le bolet de Satan (le seul bolet réellement à craindre) se reconnaît à son RÉSEAU rouge et à son chapeau blanchâtre, pas à son bleu.
Excellent comestiblePremière grande comestible de l'année après les morilles, la girolle sort dès juin avec les orages d'été et donne jusqu'en octobre. Sa couleur jaune d'œuf, son parfum fruité d'abricot et sa chair ferme qui ne se mange jamais véreuse en font l'un des champignons les plus sûrs et les plus réguliers pour débuter, à condition de maîtriser sa seule vraie confusion.
Bon comestibleLe faux mousseron est le champignon des pelouses, celui qu'on ramasse en famille sans quitter le village. Il pousse en arcs de cercle qui reviennent aux mêmes endroits pendant des décennies, sèche sur pied sans pourrir et repart après la pluie suivante, d'où son nom de marasme, littéralement « qui se dessèche ». Son pied élastique qu'on peut nouer sans le casser et son odeur d'amande amère le rendent facile à mémoriser. Sa difficulté est ailleurs : dans les mêmes ronds poussent des clitocybes blancs toxiques, et un cueilleur qui remplit un sac à la poignée en emporte inévitablement.
Bon comestibleLe mousseron de printemps ouvre la saison des champignons de prairie, presque en même temps que les morilles, et il a un avantage considérable sur elles : il pousse en ronds serrés, si bien qu'un seul bon rond remplit un panier. Sa chair blanche épaisse et son odeur puissante de farine fraîche le rendent facile à reconnaître pour qui a le nez. Sa cueillette demande cependant deux vigilances : c'est l'un des rares comestibles de printemps, donc on le cherche à une saison où l'on est peu attentif, et son sosie de prairie, l'entolome livide, sort plus tard mais l'inocybe de Patouillard, lui, sort en même temps.
Excellent comestibleL'oronge est le seul champignon dont l'Antiquité a fait un plat impérial, et sa réputation n'a pas faibli. Elle sort d'un œuf blanc qui s'ouvre sur un chapeau orange lisse, et sa chair douce se mange crue. C'est aussi la fiche que ce guide publie avec le plus de précautions : elle appartient au genre qui contient l'amanite phalloïde, elle pousse dans les mêmes bois que l'amanite tue-mouches, et elle est absente de la moitié du pays. Le lecteur du Nord qui apprend à la reconnaître a surtout appris à identifier une amanite orangée, et statistiquement, celle qu'il croisera sera un tue-mouches.
Excellent comestibleLes russules sont ce tapis de chapeaux colorés que tout le monde piétine en cherchant des cèpes, et la charbonnière est celle qui mérite le détour. Son chapeau panaché de violet, de vert-de-gris et d'olivâtre est déroutant parce qu'il ne ressemble jamais deux fois au même, mais elle possède un caractère unique dans tout le genre : ses lames sont SOUPLES et grasses au toucher, elles plient sous le doigt au lieu de se briser comme de la craie. Ce détail, plus le test de la saveur, en font une porte d'entrée idéale vers un groupe que les cueilleurs délaissent à tort.
Comestible bien cuit uniquementLa golmotte est un cas particulier dans ce guide : un bon comestible traditionnel, très répandu, que nous documentons surtout pour que personne ne la ramasse à la légère. Elle se reconnaît par un caractère unique et fiable : sa chair rougit à la cassure, au froissement, et partout où une limace ou un ver l'a entamée. Ce rougissement est le seul critère qui la sépare de l'amanite panthère, toxique, avec laquelle elle partage la taille, la couleur, les bois et la saison. Quiconque n'a pas le réflexe de casser le pied de chaque exemplaire ne devrait pas la mettre au panier.
Bon comestibleLe coprin chevelu est le champignon du bord de route, celui qu'on repère depuis la voiture : un fuseau blanc dressé de quinze centimètres, couvert de mèches retroussées comme une chevelure. Il n'a aucun sosie dangereux (rien d'autre en France n'a cette silhouette) ce qui en fait l'un des meilleurs champignons pour débuter. Sa difficulté n'est pas l'identification mais le timing : il s'autodigère en quelques heures, transformant ses lames en encre noire, si bien que la fenêtre entre « bon » et « bon à jeter » se compte en demi-journées. Deuxième réserve, celle-là sérieuse : il pousse exactement là où les sols sont pollués, et il accumule.
Comestible bien cuit uniquementImpossible à manquer : une cascade de consoles jaune soufre et orange sur un tronc, parfois plusieurs kilos, visible à cinquante mètres. Le polypore soufré est le champignon qui étonne les promeneurs du printemps, et sa texture fibreuse une fois cuite lui a valu son surnom anglo-saxon de « chicken of the woods ». Il n'a aucun sosie dangereux (rien d'autre en France ne ressemble à ça), mais il demande deux précautions strictes : ne le prendre que jeune et tendre, parce qu'il devient crayeux et immangeable en quelques jours, et vérifier son arbre, parce qu'il emprunte à son hôte.
MORTELL'amanite printanière est la phalloïde de la mauvaise saison. Entièrement blanche, elle sort au printemps dans les bois chauds du Sud, à un moment de l'année où le cueilleur ne se méfie pas des amanites. Il cherche des morilles, des mousserons, des champignons de prairie. Elle possède la toxine la plus meurtrière de la mycologie et pratiquement aucun signe distinctif d'alerte : ni couleur vive, ni odeur repoussante, ni chair changeante. Sa fiche impose donc la même règle que l'amanite vireuse, et cette règle est la plus rentable de tout ce guide : aucun champignon blanc à lames blanches ne va au panier sans que sa base ait été entièrement déterrée.
MORTELLa galère marginée est la démonstration qu'un champignon mortel n'a pas besoin d'être gros ni spectaculaire. C'est un petit champignon brun-miel banal, en touffes sur une souche, exactement ce que personne ne regarde. Elle tue par deux chemins : la confusion avec les pholiotes changeantes, que des cueilleurs récoltent en touffes sur les mêmes souches, et la cueillette de « petits champignons » par des amateurs de psilocybes. Elle explique pourquoi la règle « aucun petit champignon brun ne va au panier » n'est pas un excès de prudence mais une nécessité : les petits bruns forment des centaines d'espèces indiscernables sur le terrain, dont celle-ci.
MORTELL'inocybe de Patouillard est le champignon qui rend la cueillette de printemps dangereuse. Il est de taille moyenne, blanchâtre, et il pousse dans les prairies, les parcs et les lisières calcaires au moment précis où l'on cherche les mousserons de la Saint-Georges (mêmes places, mêmes semaines, même allure pâle). Il possible heureusement un caractère spectaculaire et sans ambiguïté : il ROUGIT. Partout où on le touche, où on le froisse, où une limace l'a entamé, sa chair blanche se tache de rouge carmin vif. Ce rougissement est l'inverse exact de celui de la golmotte : ici, il ne rassure pas, il condamne.
ToxiqueL'amanite épaisse est le troisième terme d'un trio que les cueilleurs français rencontrent constamment sans toujours le savoir : golmotte, panthère, épaisse. Toutes trois ont un chapeau brunâtre floconné de blanc, la même taille et les mêmes bois. La golmotte se trahit en rougissant ; la panthère et l'épaisse gardent une chair blanche immuable, et se distinguent alors sur des détails : la marge du chapeau, la forme du bulbe, l'odeur de rave. C'est précisément la confusion la plus difficile du groupe, et sa fiche existe pour dire quelque chose d'inhabituel dans un guide : ici, la bonne décision n'est pas d'apprendre à trancher, c'est de laisser les deux.
ToxiqueLa pholiote changeante illustre mieux que toute autre fiche pourquoi ce guide refuse parfois un comestible. C'est un bon champignon, cultivé et vendu en Allemagne et en Europe de l'Est sous le nom de Stockschwämmchen. Mais en forêt française, elle pousse à côté de la galère marginée, qui a la même taille, la même couleur miel, le même chapeau hygrophane et la même façon de pousser en touffes sur du bois mort, et qui tue avec la toxine de l'amanite phalloïde. Le seul critère de terrain fiable est l'aspect du pied SOUS l'anneau : mécheux-écailleux chez la pholiote, lisse chez la galère. C'est un détail de quelques millimètres, et l'enjeu est une greffe de foie.
ToxiqueL'hypholome en touffes est le champignon que tout le monde voit et que personne ne nomme : ces touffes jaune vif serrées sur une vieille souche, présentes du printemps aux gelées, dans toutes les forêts de France. Il mérite sa fiche pour une raison précise, c'est le sosie le plus fréquent de tous les comestibles poussant en touffes sur bois : armillaire, pholiote, pleurote. Et il se démasque en deux secondes, par deux caractères que rien ne partage avec eux : sa couleur JAUNE SOUFRE franche et une amertume violente au bout de la langue. C'est aussi la meilleure occasion d'installer le réflexe qui sécurise tout ce groupe : goûter avant de garder.
ToxiqueC'est le faux ami du ramasseur de rosés : même allure blanche et charnue, mêmes prairies, même saison. Il ne tue pas, mais il gâche un repas et envoie régulièrement des gens aux urgences, et il représente à lui seul une part énorme des appels aux centres antipoison. Sa particularité est qu'il se dénonce lui-même : deux gestes de trois secondes (gratter la base du pied, sentir) le trahissent à tous les coups. Encore faut-il les faire sur CHAQUE exemplaire du panier.
Le coin matériel
Les meilleures pousses arrivent dans les fonds humides quatre jours après la pluie. C'est exactement là où les chaussures de rando prennent l'eau.
Voir sur AmazonSert surtout à écarter les fougères et la ronce sans se baisser, on repère deux fois plus de chapeaux à la même vitesse de marche.
Voir sur AmazonUn coin retrouvé l'an prochain vaut mieux qu'un coin oublié. Le téléphone suffit tant qu'il a de la batterie et du signal ; sous couvert dense, souvent ni l'un ni l'autre.
Voir sur AmazonLa bonne fenêtre de pousse tombe rarement un jour sec. Une coque respirante évite d'écourter la sortie au premier grain.
Voir sur AmazonDe septembre à février, la forêt est partagée avec les battues. L'orange fluo n'est pas une précaution excessive, c'est la base.
Voir sur AmazonLe GPS du téléphone et le froid vident une charge en une matinée. Sans batterie, plus de carte, plus de photos, plus d'appel en cas de pépin.
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