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En bref
Tricholome tigré (Tricholoma pardinum) : non classé mortel ici, mais toxique : à ne jamais consommer.
Saison d'août à novembre.
Le tricholome tigré est un champignon massif, gris, charnu et d'aspect appétissant, qui pousse là où l'on cherche les bons tricholomes de montagne.
Syndrome gastro-intestinal parmi les plus violents connus : vomissements et diarrhées incoercibles pendant 1 à 4 heures après le repas, durant parfois plusieurs jours, avec déshydratation sévère et hospitalisation quasi systématique. Il est responsable d'intoxications collectives régulières en montagne, où il est ramassé pour un tricholome comestible.
Le tricholome tigré est un champignon massif, gris, charnu et d'aspect appétissant, qui pousse là où l'on cherche les bons tricholomes de montagne. Sa réputation vient de son mode d'action : il ne tue pas, mais il vide littéralement ceux qui le mangent, et il le fait par tablées entières puisqu'on le ramasse en groupe. Son critère est visuel et bon : son chapeau est couvert de mèches gris foncé disposées en zones concentriques, un dessin qui évoque une peau de félin, d'où son nom. Un chapeau gris uniformément pruineux n'est pas un tigré ; un chapeau gris nettement méché sur sol calcaire de montagne l'est probablement.

Sous hêtres et sapins sur sol CALCAIRE, en moyenne montagne, souvent en lisière, en pelouse boisée ou sur les pentes herbeuses. En groupes de plusieurs exemplaires.
Localisé
Abondant dans ses régions, introuvable ailleurs : voir la note.
Espèce calcicole et montagnarde : hêtraies-sapinières et pelouses boisées sur calcaire du Jura, des Alpes, des Pyrénées, des Préalpes et de quelques massifs de plaine calcaire. Absent des terrains acides et rare en plaine. Un cueilleur de la façade atlantique ne le rencontrera guère, un cueilleur jurassien le croisera chaque automne.
Confusion toxique
La confusion habituelle en montagne. Le terreux, comestible, est PETIT (4 à 7 cm), à chair MINCE, chapeau gris souris finement feutré-fibrilleux mais SANS mèches tigrées, sous PINS. Le tigré est gros, à chair épaisse, nettement méché, sous hêtres et sapins sur calcaire. La taille et l'épaisseur de la chair sont les meilleurs repères.
Confusion toxique
Le nébuleux est gris cendré PRUINEUX uniforme, sans mèches, à lames un peu décurrentes et à odeur douceâtre écœurante. Le tigré est méché et son odeur est franchement farineuse. Aucun des deux ne va au panier selon ce guide.
Confusion toxique
Le groupe des tricholomes gris est un terrain glissant, où plusieurs espèces médiocres ou mal tolérées côtoient le tigré. Pour un cueilleur non spécialiste, la position raisonnable est de laisser tous les gros tricholomes gris de montagne sur calcaire.
Vous savez à quoi ressemble tricholome tigré. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel
Cette fiche donne les critères. Un guide papier et une loupe permettent de les vérifier sur le terrain, où le réseau ne passe pas toujours.
Photos, coupes et critères discriminants sur une page, c'est le format qui permet de comparer deux espèces côte à côte, ce qu'un écran fait mal.
Voir sur AmazonBeaucoup de confusions se tranchent sur un détail de lame ou de pied de quelques millimètres. Un ×10 suffit.
Voir sur AmazonApprendre les dangereux avant les comestibles : c'est l'ordre inverse de la plupart des guides, et c'est le bon.
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Bon comestibleLe tricholome terreux est le petit-gris des pinèdes, ramassé de longue date sur tout le littoral et dans le Midi, et il a l'avantage de donner quand presque tout est fini. C'est un champignon modeste : quatre à sept centimètres, un chapeau gris souris feutré, une chair mince, rien de spectaculaire. Sa fiche existe surtout pour tenir l'autre bout d'une confusion : c'est lui que les cueilleurs de montagne croient ramasser quand ils rentrent avec des tricholomes tigrés, et la distinction ne se joue pas sur la couleur (les deux sont gris) mais sur la TAILLE, l'ÉPAISSEUR de la chair et l'arbre associé.
Bon comestibleLe prétentieux est le champignon qui prolonge l'automne. Quand les cèpes sont finis et que les bois semblent vides, il sort dans les pinèdes, souvent à demi enterré sous les aiguilles, et il faut gratter pour le voir. Sa chair ferme, son parfum discret et sa régularité en font l'un des grands comestibles de fin de saison. Il occupe une position délicate dans ce guide : c'est le comestible que les deux tricholomes toxiques imitent. Le tigré partage sa couleur grise, le bidaou partage sa pinède, et la sécurité tient à deux observations, la texture du chapeau et la présence ou l'absence de jaune.
ToxiqueLe petit-gris est le champignon des paniers de fin de saison, et l'une des fiches où ce guide s'écarte de la tradition. Il est abondant, charnu, facile à identifier, et des générations l'ont mangé, mais les centres antipoison enregistrent régulièrement des tableaux digestifs après sa consommation, y compris chez des cueilleurs qui en mangeaient depuis vingt ans. Le second motif de le laisser est plus mécanique : c'est dans ses ronds que pousse l'entolome livide, responsable d'intoxications sévères, et les deux se ramassent ensemble. Une espèce médiocre au goût, mal tolérée par certains et mêlée à un toxique majeur ne justifie pas le risque.
ToxiqueLe bidaou est le cas le plus douloureux de la mycologie française, et pas seulement au sens médical. C'était un champignon de tradition : on le ramassait en famille dans les pinèdes landaises, on en faisait des plats copieux, et rien n'avait jamais posé problème pendant des générations. Puis, à la fin des années 1990, une série d'intoxications graves a été documentée dans le Bordelais : rhabdomyolyses sévères, avec des décès. Le facteur commun n'était pas l'espèce en soi mais la RÉPÉTITION : plusieurs repas copieux en quelques jours. La réponse des autorités a été sans appel : depuis un décret de septembre 2005, le bidaou est interdit à la vente en France, lui qui se négociait encore sur les marchés landais quelques années plus tôt. Comme le paxille enroulé, il démonte l'argument le plus répandu chez les cueilleurs (« on en mange depuis toujours ») et pour la même raison : ce qui blesse ici n'est pas un repas, c'est leur accumulation.