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En bref
Tricholome terreux (Tricholoma terreum) : bon comestible.
Saison de septembre à décembre.
Le tricholome terreux est le petit-gris des pinèdes, ramassé de longue date sur tout le littoral et dans le Midi, et il a l'avantage de donner quand presque tout est fini.
Bon comestible traditionnel des pinèdes, apprécié dans le Midi et le Sud-Ouest, à réserver toutefois aux cueilleurs qui maîtrisent le groupe des tricholomes gris : plusieurs espèces voisines sont médiocres ou mal tolérées, et le tricholome tigré, franchement toxique, occupe le même créneau visuel en montagne calcaire. Cueillir jeune et cuire franchement.
Le tricholome terreux est le petit-gris des pinèdes, ramassé de longue date sur tout le littoral et dans le Midi, et il a l'avantage de donner quand presque tout est fini. C'est un champignon modeste : quatre à sept centimètres, un chapeau gris souris feutré, une chair mince, rien de spectaculaire. Sa fiche existe surtout pour tenir l'autre bout d'une confusion : c'est lui que les cueilleurs de montagne croient ramasser quand ils rentrent avec des tricholomes tigrés, et la distinction ne se joue pas sur la couleur (les deux sont gris) mais sur la TAILLE, l'ÉPAISSEUR de la chair et l'arbre associé.

Sous PINS surtout, dans les aiguilles et la mousse, en pinède littorale, plantation ou pelouse boisée. En groupes souvent nombreux, tard en saison.
Commun
Présent partout en France, à trouver chaque année sans difficulté.
Commun dans les pinèdes de toute la France, du littoral méditerranéen et atlantique aux plantations de plaine et de moyenne montagne. Il suit les pins comme le bolet rude suit les bouleaux, et il donne tard, souvent jusqu'aux premières gelées.
Confusion toxique
La confusion à connaître, et elle porte sur la corpulence, pas la couleur. Le tigré est GROS (6 à 20 cm), sa chair est ÉPAISSE et COMPACTE, son chapeau est couvert de MÈCHES gris foncé formant un dessin tigré concentrique, son odeur est franchement farineuse, et il pousse sous HÊTRES et SAPINS sur CALCAIRE, en montagne. Le terreux est petit, à chair mince, feutré sans mèches, sous PINS. Taille + épaisseur + arbre : trois critères concordants.
Confusion toxique
Le soufré est jaune vif à odeur de gaz d'éclairage, impossible à confondre au nez. D'autres tricholomes gris sont médiocres ou mal tolérés : hors des pinèdes et sans certitude, le groupe entier se laisse.
Confusion toxique
Le nébuleux est bien plus GROS et charnu, gris cendré PRUINEUX uniforme, à lames un peu DÉCURRENTES et à odeur forte douceâtre. Le terreux est petit, feutré, à lames échancrées et odeur faible.
Chair mince, à poêler rapidement à feu vif : une cuisson longue la réduit à rien. Bon en persillade et en mélange avec des espèces plus charnues. Ne se sèche pas bien.
Au-delà de ce qu'on mange dans la semaine : le séchage garde le surplus des années en concentrant le goût, et une poêle en fonte évite le défaut classique, une poêlée qui bout dans son eau au lieu de saisir.
Vous savez à quoi ressemble tricholome terreux. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel
Lame courbe pour couper au ras sans arracher le mycélium, brosse au bout du manche pour nettoyer sur place plutôt que dans l'évier.
Voir sur AmazonLes spores retombent en chemin par les claies, et rien ne fermente comme dans un sac plastique, la récolte tient jusqu'à la maison.
Voir sur AmazonPour aller plus loin que cette fiche : variations de forme, sosies régionaux et recettes propres à cette espèce.
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ToxiqueLe tricholome tigré est un champignon massif, gris, charnu et d'aspect appétissant, qui pousse là où l'on cherche les bons tricholomes de montagne. Sa réputation vient de son mode d'action : il ne tue pas, mais il vide littéralement ceux qui le mangent, et il le fait par tablées entières puisqu'on le ramasse en groupe. Son critère est visuel et bon : son chapeau est couvert de mèches gris foncé disposées en zones concentriques, un dessin qui évoque une peau de félin, d'où son nom. Un chapeau gris uniformément pruineux n'est pas un tigré ; un chapeau gris nettement méché sur sol calcaire de montagne l'est probablement.
ToxiqueLe petit-gris est le champignon des paniers de fin de saison, et l'une des fiches où ce guide s'écarte de la tradition. Il est abondant, charnu, facile à identifier, et des générations l'ont mangé, mais les centres antipoison enregistrent régulièrement des tableaux digestifs après sa consommation, y compris chez des cueilleurs qui en mangeaient depuis vingt ans. Le second motif de le laisser est plus mécanique : c'est dans ses ronds que pousse l'entolome livide, responsable d'intoxications sévères, et les deux se ramassent ensemble. Une espèce médiocre au goût, mal tolérée par certains et mêlée à un toxique majeur ne justifie pas le risque.
Bon comestibleLe prétentieux est le champignon qui prolonge l'automne. Quand les cèpes sont finis et que les bois semblent vides, il sort dans les pinèdes, souvent à demi enterré sous les aiguilles, et il faut gratter pour le voir. Sa chair ferme, son parfum discret et sa régularité en font l'un des grands comestibles de fin de saison. Il occupe une position délicate dans ce guide : c'est le comestible que les deux tricholomes toxiques imitent. Le tigré partage sa couleur grise, le bidaou partage sa pinède, et la sécurité tient à deux observations, la texture du chapeau et la présence ou l'absence de jaune.
ToxiqueLe bidaou est le cas le plus douloureux de la mycologie française, et pas seulement au sens médical. C'était un champignon de tradition : on le ramassait en famille dans les pinèdes landaises, on en faisait des plats copieux, et rien n'avait jamais posé problème pendant des générations. Puis, à la fin des années 1990, une série d'intoxications graves a été documentée dans le Bordelais : rhabdomyolyses sévères, avec des décès. Le facteur commun n'était pas l'espèce en soi mais la RÉPÉTITION : plusieurs repas copieux en quelques jours. La réponse des autorités a été sans appel : depuis un décret de septembre 2005, le bidaou est interdit à la vente en France, lui qui se négociait encore sur les marchés landais quelques années plus tôt. Comme le paxille enroulé, il démonte l'argument le plus répandu chez les cueilleurs (« on en mange depuis toujours ») et pour la même raison : ce qui blesse ici n'est pas un repas, c'est leur accumulation.