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Le mois des irréductibles : trompettes tardives et pieds bleus entre deux gels.
La forêt est en pause, mais pas tout à fait morte : dans les régions douces (façade atlantique, Midi), les chanterelles en tube et quelques trompettes résistent dans les mousses tant que le gel reste léger. C'est surtout le mois idéal pour repérer les futures places : la structure de la forêt se lit à livre ouvert sans feuillage.
Une semaine sans gel avec des redoux pluvieux au-dessus de 8 °C peut relancer une petite pousse sur la façade océanique.
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Bon comestibleQuand tout le monde a rangé les paniers, la chanterelle en tube tapisse encore les mousses de novembre et décembre. Individuellement discrète, elle se ramasse par kilos une fois la troupe repérée. Comme ses cousines girolle et trompette, elle n'a pas de confusion dangereuse : le trio Cantharellacées est le terrain de jeu idéal du cueilleur d'automne prudent.
Bon comestibleLe pied-de-mouton est le champignon anti-erreur par excellence : ses aiguillons sous le chapeau, de fines pointes souples serrées comme un tapis, ne ressemblent ni à des lames ni à des tubes, et aucune espèce dangereuse n'en porte de semblables. Tardif, abondant et charnu, il sauve les paniers de novembre quand cèpes et girolles ont disparu.
Comestible bien cuit uniquementQuand novembre s'installe, le pied bleu illumine les litières de sa couleur lilas improbable, un violet franc, du chapeau aux lames et au pied, qu'aucun champignon dangereux de la saison ne reproduit à l'identique. C'est le grand classique des cueillettes de fin d'année, parfumé et charnu, qui pousse au moment où presque tout le reste s'arrête. Une prudence : quelques cortinaires violets lui ressemblent, le test des lames et de l'odeur tranche.
Bon comestibleLe pleurote est le champignon de la mauvaise saison : il sort quand tout le reste a disparu, souvent en décembre ou janvier, en touffes serrées accrochées à un tronc à hauteur d'homme. On le connaît surtout cultivé en barquette, mais le sauvage est bien meilleur, et sa récolte a un avantage rare : il pousse en hauteur, sur du bois, ce qui écarte d'emblée toutes les espèces mortelles de France, qui poussent au sol. Sa forme en coquille d'huître, son pied latéral ou absent et ses lames blanches descendant longuement sur ce pied en font un champignon franchement facile.
Comestible bien cuit uniquementL'oreille de Judas est le champignon de l'hiver et du débutant prudent : elle pousse sur le sureau, elle est reconnaissable au toucher avant même de l'être à l'œil, et elle n'a aucun sosie dangereux en France. On la trouve accrochée aux branches mortes comme une oreille brune translucide, souple et élastique, qui se dessèche en une croûte cornée et reprend sa souplesse à la pluie suivante. C'est le même champignon que le « champignon noir » des restaurants chinois, et c'est aussi la meilleure démonstration qu'une cueillette réussie ne dépend pas de la saison : entre décembre et mars, une haie de sureau donne plus que la plupart des forêts.
Excellent comestibleLa truffe noire est le seul champignon de ce guide qu'on ne trouve pas en regardant. Elle mûrit à dix ou vingt centimètres sous terre, entre novembre et mars, et rien à la surface ne la signale sinon le « brûlé » : ce cercle pelé au pied d'un chêne où sa présence a stérilisé le sol. Elle se récolte au chien, dressé pendant des mois, ou au vol de la mouche à truffe, un savoir de spécialistes. Sa fiche est ici pour trois raisons : parce que c'est le champignon français le plus cher, parce que la question « comment trouver des truffes » revient sans cesse, et parce que la réponse honnête est qu'un promeneur n'en trouvera pas. C'est une culture, pas une cueillette.
Le coin matériel
Les meilleures pousses arrivent dans les fonds humides quatre jours après la pluie. C'est exactement là où les chaussures de rando prennent l'eau.
Voir sur AmazonSert surtout à écarter les fougères et la ronce sans se baisser, on repère deux fois plus de chapeaux à la même vitesse de marche.
Voir sur AmazonUn coin retrouvé l'an prochain vaut mieux qu'un coin oublié. Le téléphone suffit tant qu'il a de la batterie et du signal ; sous couvert dense, souvent ni l'un ni l'autre.
Voir sur AmazonLa bonne fenêtre de pousse tombe rarement un jour sec. Une coque respirante évite d'écourter la sortie au premier grain.
Voir sur AmazonDe septembre à février, la forêt est partagée avec les battues. L'orange fluo n'est pas une précaution excessive, c'est la base.
Voir sur AmazonLe GPS du téléphone et le froid vident une charge en une matinée. Sans batterie, plus de carte, plus de photos, plus d'appel en cas de pépin.
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