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Toujours bien cuit (légèrement toxique cru). Certaines personnes y restent intolérantes même cuit : goûter en petite quantité la première fois.
Quand novembre s'installe, le pied bleu illumine les litières de sa couleur lilas improbable, un violet franc, du chapeau aux lames et au pied, qu'aucun champignon dangereux de la saison ne reproduit à l'identique. C'est le grand classique des cueillettes de fin d'année, parfumé et charnu, qui pousse au moment où presque tout le reste s'arrête. Une prudence : quelques cortinaires violets lui ressemblent, le test des lames et de l'odeur tranche.

Litières épaisses de feuillus et de conifères, haies, jardins, composts et bords de chemins, souvent en ronds de sorcière ou en lignes. Espèce très tardive, active jusqu'aux vraies gelées.
Commun
Présent partout en France, à trouver chaque année sans difficulté.
Le pied bleu apprécie les litières épaisses accumulées sous les feuillus et les conifères, mais aussi les haies, les bordures de jardin et les tas de compost à l'abri du vent. Prospectez après les premières nuits froides de novembre, quand la plupart des autres espèces ont disparu : il pousse souvent en ronds de sorcière ou en lignes qui redonnent au même endroit d'une année sur l'autre. Les zones abritées, moins exposées au gel, prolongent sa saison de plusieurs semaines.
Toutes les régions où trouver pied bleu →Confusion toxique
Les cortinaires portent jeunes une CORTINE (voile en toile d'araignée entre pied et marge) et leurs lames se couvrent de spores ROUILLE avec l'âge. Lames restant lilas + sporée rose pâle + odeur parfumée = pied bleu. Au moindre reflet rouille : on jette.
Confusion sans gravité
Petit champignon violet des mêmes bois, comestible sans intérêt : grêle, lames épaisses et espacées. Confusion sans danger.
Bien cuit : à la crème, en fricassée avec des châtaignes, ou en accompagnement de gibier, son parfum soutenu structure un plat. Se congèle après blanchiment.
Le pied bleu se congèle très bien après une cuisson complète, ce qui permet d'en garder pour l'hiver. Frais, il tient 3 à 4 jours au réfrigérateur dans un sac en papier. Le séchage est possible mais atténue nettement son parfum caractéristique de fleur d'oranger.
Au-delà de ce qu'on mange dans la semaine : le séchage garde le surplus des années en concentrant le goût, et une poêle en fonte évite le défaut classique, une poêlée qui bout dans son eau au lieu de saisir.
Vous savez à quoi ressemble pied bleu. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel

4,8/5
20,05 €
Lame courbe pour couper au ras sans arracher le mycélium, brosse en soies de sanglier au bout du manche pour nettoyer sur place plutôt que dans l'évier. Fabriqué en Savoie, le seul de la sélection qu'on retrouve chez les cueilleurs depuis vingt ans.

29,99 €
Les spores retombent en chemin par les claies, et rien ne fermente comme dans un sac plastique : la récolte tient jusqu'à la maison. Quarante-sept centimètres, la taille d'une vraie sortie de saison, et une anse qui passe au bras.

4,6/5
15,90 €
Un livre papier reste la référence quand le réseau ne passe plus. Plus de 200 espèces, un critère visuel par page. Le nôtre ne remplace jamais une vérification en pharmacie.
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Bon comestibleLe tricholome terreux est le petit-gris des pinèdes, ramassé de longue date sur tout le littoral et dans le Midi, et il a l'avantage de donner quand presque tout est fini. C'est un champignon modeste : quatre à sept centimètres, un chapeau gris souris feutré, une chair mince, rien de spectaculaire. Sa fiche existe surtout pour tenir l'autre bout d'une confusion : c'est lui que les cueilleurs de montagne croient ramasser quand ils rentrent avec des tricholomes tigrés, et la distinction ne se joue pas sur la couleur (les deux sont gris) mais sur la TAILLE, l'ÉPAISSEUR de la chair et l'arbre associé.
Bon comestibleLe prétentieux est le champignon qui prolonge l'automne. Quand les cèpes sont finis et que les bois semblent vides, il sort dans les pinèdes, souvent à demi enterré sous les aiguilles, et il faut gratter pour le voir. Sa chair ferme, son parfum discret et sa régularité en font l'un des grands comestibles de fin de saison. Il occupe une position délicate dans ce guide : c'est le comestible que les deux tricholomes toxiques imitent. Le tigré partage sa couleur grise, le bidaou partage sa pinède, et la sécurité tient à deux observations, la texture du chapeau et la présence ou l'absence de jaune.
ToxiqueLe tricholome tigré est un champignon massif, gris, charnu et d'aspect appétissant, qui pousse là où l'on cherche les bons tricholomes de montagne. Sa réputation vient de son mode d'action : il ne tue pas, mais il vide littéralement ceux qui le mangent, et il le fait par tablées entières puisqu'on le ramasse en groupe. Son critère est visuel et bon : son chapeau est couvert de mèches gris foncé disposées en zones concentriques, un dessin qui évoque une peau de félin, d'où son nom. Un chapeau gris uniformément pruineux n'est pas un tigré ; un chapeau gris nettement méché sur sol calcaire de montagne l'est probablement.
ToxiqueLe bidaou est le cas le plus douloureux de la mycologie française, et pas seulement au sens médical. C'était un champignon de tradition : on le ramassait en famille dans les pinèdes landaises, on en faisait des plats copieux, et rien n'avait jamais posé problème pendant des générations. Puis, à la fin des années 1990, une série d'intoxications graves a été documentée dans le Bordelais : rhabdomyolyses sévères, avec des décès. Le facteur commun n'était pas l'espèce en soi mais la RÉPÉTITION : plusieurs repas copieux en quelques jours. La réponse des autorités a été sans appel : depuis un décret de septembre 2005, le bidaou est interdit à la vente en France, lui qui se négociait encore sur les marchés landais quelques années plus tôt. Comme le paxille enroulé, il démonte l'argument le plus répandu chez les cueilleurs (« on en mange depuis toujours ») et pour la même raison : ce qui blesse ici n'est pas un repas, c'est leur accumulation.