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En bref
Clitocybe de Briançon (Clitocybe amoenolens) : non classé mortel ici, mais toxique : à ne jamais consommer.
Saison de septembre à novembre.
Le clitocybe de Briançon est une découverte récente de la mycologie française : c'est une série de cas d'intoxication dans les Hautes-Alpes, au début des années 1990, qui a conduit à identifier l'espèce responsable d'un syndrome jusque-là décrit au Japon.
Syndrome ACROMÉLALGIQUE, aussi appelé érythromélalgie : après une latence de 24 heures à plusieurs jours, des douleurs de BRÛLURE intenses apparaissent aux mains et aux pieds, avec rougeur et gonflement, aggravées par la chaleur et calmées par l'eau froide. Elles durent de plusieurs semaines à plusieurs MOIS, résistent mal aux antalgiques usuels, et empêchent parfois de dormir. Aucune atteinte d'organe, aucun décès, mais une intoxication qui gâche une saison entière.
Le clitocybe de Briançon est une découverte récente de la mycologie française : c'est une série de cas d'intoxication dans les Hautes-Alpes, au début des années 1990, qui a conduit à identifier l'espèce responsable d'un syndrome jusque-là décrit au Japon. Son piège est dans son nom latin, amoenolens, « à odeur agréable » : il sent bon, franchement fruité, et rien dans son aspect ni dans son odeur n'avertit. Les personnes intoxiquées l'avaient ramassé pour un petit clitocybe comestible ou un clitocybe inversé. Ce qui suit n'est pas une gastro-entérite d'une nuit mais des mois de brûlures aux mains et aux pieds : le genre de séquelle qui justifie une fiche même pour une espèce que presque personne ne croisera.

Bois clairs de montagne, mélézins, lisières et pelouses boisées des Alpes du Sud, sur sol calcaire, entre 1 000 et 2 000 m environ.
Rare
Peu de chances d'en trouver : plusieurs saisons de recherche.
Espèce rare et très localisée en France : les cas documentés viennent du Briançonnais, de la Savoie et des Hautes-Alpes, en mélézin et bois clairs de montagne. On la connaît aussi au Maroc. Un cueilleur de plaine ne la rencontrera jamais : elle figure ici parce que le syndrome qu'elle provoque est spectaculaire, mal connu, et qu'un montagnard doit savoir qu'il existe.
Confusion toxique
Confusion à l'origine des cas documentés. Les clitocybes roux forment de grandes troupes en litière de conifères, avec un chapeau plus vivement roux orangé et des lames très décurrentes et très serrées. La distinction demande un œil exercé, d'où la conduite recommandée : en montagne alpine, aucun petit clitocybe brun ne va au panier.
Confusion toxique
Le nébuleux est bien plus GROS et charnu, gris cendré pruineux, à odeur forte douceâtre. Le clitocybe de Briançon est petit et brun roux, à odeur fruitée agréable. Ni l'un ni l'autre ne se ramasse selon ce guide.
Confusion toxique
Le mousseron pousse en PRAIRIE, avec un mamelon, des lames espacées et un pied élastique nouable. Le clitocybe de Briançon pousse en BOIS de montagne, en entonnoir, avec des lames décurrentes serrées et un pied cassant.
Vous savez à quoi ressemble clitocybe de briançon. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel
Cette fiche donne les critères. Un guide papier et une loupe permettent de les vérifier sur le terrain, où le réseau ne passe pas toujours.
Photos, coupes et critères discriminants sur une page, c'est le format qui permet de comparer deux espèces côte à côte, ce qu'un écran fait mal.
Voir sur AmazonBeaucoup de confusions se tranchent sur un détail de lame ou de pied de quelques millimètres. Un ×10 suffit.
Voir sur AmazonApprendre les dangereux avant les comestibles : c'est l'ordre inverse de la plupart des guides, et c'est le bon.
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ToxiqueLe petit-gris est le champignon des paniers de fin de saison, et l'une des fiches où ce guide s'écarte de la tradition. Il est abondant, charnu, facile à identifier, et des générations l'ont mangé, mais les centres antipoison enregistrent régulièrement des tableaux digestifs après sa consommation, y compris chez des cueilleurs qui en mangeaient depuis vingt ans. Le second motif de le laisser est plus mécanique : c'est dans ses ronds que pousse l'entolome livide, responsable d'intoxications sévères, et les deux se ramassent ensemble. Une espèce médiocre au goût, mal tolérée par certains et mêlée à un toxique majeur ne justifie pas le risque.
ToxiqueLe clitocybe blanc est responsable d'une bonne part des intoxications de prairie en France, et pour une raison qui n'a rien de mycologique : il pousse mêlé au faux mousseron, dans le même rond, le même jour, et le cueilleur qui remplit son sac à la poignée l'emporte sans le voir. Il est petit, terne, sans caractère marquant : c'est précisément ce qui le rend dangereux. On ne le reconnaît pas d'un coup d'œil de loin, on le trie pièce par pièce sur trois critères : le blanc givré du chapeau, les lames serrées qui descendent sur le pied, et le pied qui casse net.
Bon comestibleLe tricholome terreux est le petit-gris des pinèdes, ramassé de longue date sur tout le littoral et dans le Midi, et il a l'avantage de donner quand presque tout est fini. C'est un champignon modeste : quatre à sept centimètres, un chapeau gris souris feutré, une chair mince, rien de spectaculaire. Sa fiche existe surtout pour tenir l'autre bout d'une confusion : c'est lui que les cueilleurs de montagne croient ramasser quand ils rentrent avec des tricholomes tigrés, et la distinction ne se joue pas sur la couleur (les deux sont gris) mais sur la TAILLE, l'ÉPAISSEUR de la chair et l'arbre associé.
Bon comestibleLe prétentieux est le champignon qui prolonge l'automne. Quand les cèpes sont finis et que les bois semblent vides, il sort dans les pinèdes, souvent à demi enterré sous les aiguilles, et il faut gratter pour le voir. Sa chair ferme, son parfum discret et sa régularité en font l'un des grands comestibles de fin de saison. Il occupe une position délicate dans ce guide : c'est le comestible que les deux tricholomes toxiques imitent. Le tigré partage sa couleur grise, le bidaou partage sa pinède, et la sécurité tient à deux observations, la texture du chapeau et la présence ou l'absence de jaune.