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Syndrome ACROMÉLALGIQUE, aussi appelé érythromélalgie : après une latence de 24 heures à plusieurs jours, des douleurs de BRÛLURE intenses apparaissent aux mains et aux pieds, avec rougeur et gonflement, aggravées par la chaleur et calmées par l'eau froide. Elles durent de plusieurs semaines à plusieurs MOIS, résistent mal aux antalgiques usuels, et empêchent parfois de dormir. Aucune atteinte d'organe, aucun décès — mais une intoxication qui gâche une saison entière.
Le clitocybe de Briançon est une découverte récente de la mycologie française : c'est une série de cas d'intoxication dans les Hautes-Alpes, au début des années 1990, qui a conduit à identifier l'espèce responsable d'un syndrome jusque-là décrit au Japon. Son piège est dans son nom latin, amoenolens, « à odeur agréable » : il sent bon, franchement fruité, et rien dans son aspect ni dans son odeur n'avertit. Les personnes intoxiquées l'avaient ramassé pour un petit clitocybe comestible ou un clitocybe inversé. Ce qui suit n'est pas une gastro-entérite d'une nuit mais des mois de brûlures aux mains et aux pieds — le genre de séquelle qui justifie une fiche même pour une espèce que presque personne ne croisera.

Bois clairs de montagne, mélézins, lisières et pelouses boisées des Alpes du Sud, sur sol calcaire, entre 1 000 et 2 000 m environ.
Rare
Peu de chances d'en trouver : plusieurs saisons de recherche.
Espèce rare et très localisée en France : les cas documentés viennent du Briançonnais, de la Savoie et des Hautes-Alpes, en mélézin et bois clairs de montagne. On la connaît aussi au Maroc. Un cueilleur de plaine ne la rencontrera jamais — elle figure ici parce que le syndrome qu'elle provoque est spectaculaire, mal connu, et qu'un montagnard doit savoir qu'il existe.
Confusion toxique
Confusion à l'origine des cas documentés. Les clitocybes roux forment de grandes troupes en litière de conifères, avec un chapeau plus vivement roux orangé et des lames très décurrentes et très serrées. La distinction demande un œil exercé — d'où la conduite recommandée : en montagne alpine, aucun petit clitocybe brun ne va au panier.
Confusion toxique
Le nébuleux est bien plus GROS et charnu, gris cendré pruineux, à odeur forte douceâtre. Le clitocybe de Briançon est petit et brun roux, à odeur fruitée agréable. Ni l'un ni l'autre ne se ramasse selon ce guide.
Confusion toxique
Le mousseron pousse en PRAIRIE, avec un mamelon, des lames espacées et un pied élastique nouable. Le clitocybe de Briançon pousse en BOIS de montagne, en entonnoir, avec des lames décurrentes serrées et un pied cassant.
Le coin matériel
Cette fiche donne les critères. Un guide papier et une loupe permettent de les vérifier sur le terrain, où le réseau ne passe pas toujours.
Photos, coupes et critères discriminants sur une page — c'est le format qui permet de comparer deux espèces côte à côte, ce qu'un écran fait mal.
Voir sur AmazonBeaucoup de confusions se tranchent sur un détail de lame ou de pied de quelques millimètres. Un ×10 suffit.
Voir sur AmazonApprendre les dangereux avant les comestibles : c'est l'ordre inverse de la plupart des guides, et c'est le bon.
Voir sur AmazonLe cran au-dessus du guide photo : on descend critère par critère au lieu de chercher la ressemblance, seule méthode fiable sur les genres difficiles.
Voir sur AmazonLa couleur de la sporée tranche des confusions que rien d'autre ne tranche. Une nuit sous un bol, moitié papier noir, moitié blanc.
Voir sur AmazonLes espèces et les sosies ne sont pas les mêmes dans les Landes et dans les Vosges. Un guide régional élimine la moitié du bruit.
Voir sur Amazon
Excellent comestibleLe cèpe de Bordeaux est le champignon le plus recherché de France. Il fructifie par « pousses » spectaculaires 8 à 12 jours après un épisode pluvieux suivi de douceur, de la fin de l'été aux premières gelées. Mycorhizien, il vit associé aux racines de son arbre hôte : un bon coin à cèpes reste productif des décennies tant que la forêt ne change pas — d'où le secret farouche qui entoure les meilleures places.
Excellent comestibleLe cèpe d'été ouvre la saison des « gros pieds » : dès la fin mai les bonnes années, il répond aux orages là où le cèpe de Bordeaux attendra septembre. Très proche de son cousin en qualité, il s'en distingue par un chapeau mat et sec (jamais luisant), une chair plus tendre et un réseau qui couvre presque tout le pied. Défaut connu : véreux plus vite que tout autre cèpe — le contrôle sur coupe est systématique.
Excellent comestibleLe bronzé est le cèpe des cueilleurs du Sud, et celui que les autres leur envient. Son chapeau brun très sombre, presque noir et finement velouté, se confond avec la litière au point qu'on le trouve souvent du pied avant de le voir. Il partage tous les caractères rassurants du genre — tubes blancs, chair blanche immuable, pas de rouge sur le pied — ce qui le rend aussi sûr que ses cousins. Sa seule difficulté est géographique : au nord de la Loire, ce que l'on prend pour un bronzé est presque toujours un cèpe de Bordeaux à chapeau foncé.
Excellent comestibleLe cèpe des pins complète le quatuor des grands cèpes français, aux côtés du Bordeaux, de l'été et du bronzé. On le reconnaît à sa teinte : son chapeau tire franchement sur le ROUGE BRIQUE ou l'acajou, là où les autres restent bruns, et son pied trapu se teinte de rougeâtre. C'est le plus montagnard et le plus tardif des quatre — il donne encore en novembre dans les pessières, quand les chênaies de plaine sont vides. Il partage tous les caractères rassurants du groupe : tubes blancs puis jaunes, chair blanche immuable, pas un gramme de rouge sur les tubes ni de bleuissement.