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En bref
Clitocybe blanc (Clitocybe dealbata) : non classé mortel ici, mais toxique : à ne jamais consommer.
Saison d'août à décembre.
Le clitocybe blanc est responsable d'une bonne part des intoxications de prairie en France, et pour une raison qui n'a rien de mycologique : il pousse mêlé au faux mousseron, dans le même rond, le même jour, et le cueilleur qui remplit son sac à la poignée l'emporte sans le voir.
Syndrome muscarinien : en 15 minutes à 2 heures, sueurs profuses, salivation et larmoiement, myosis, vomissements, chute de tension et ralentissement cardiaque. Rarement mortel chez l'adulte sain, mais impressionnant et parfois grave chez la personne âgée ou cardiaque. Il existe un traitement (atropine), ce qui rend l'appel au 15 d'autant plus utile.
Le clitocybe blanc est responsable d'une bonne part des intoxications de prairie en France, et pour une raison qui n'a rien de mycologique : il pousse mêlé au faux mousseron, dans le même rond, le même jour, et le cueilleur qui remplit son sac à la poignée l'emporte sans le voir. Il est petit, terne, sans caractère marquant : c'est précisément ce qui le rend dangereux. On ne le reconnaît pas d'un coup d'œil de loin, on le trie pièce par pièce sur trois critères : le blanc givré du chapeau, les lames serrées qui descendent sur le pied, et le pied qui casse net.

Prairies, pelouses, gazons, bords de chemins et parcs, en groupes, en arcs et en ronds. Exactement les milieux du faux mousseron et du rosé des prés.
Commun
Présent partout en France, à trouver chaque année sans difficulté.
Banal dans toutes les pelouses, prairies et gazons de France, et (c'est tout le problème) dans les MÊMES ronds que le faux mousseron, souvent mêlé à lui, à la même saison.
Confusion toxique
La confusion à connaître par cœur. Mousseron : chapeau BEIGE à MAMELON obtus, lames CRÈME ESPACÉES et libres, pied ÉLASTIQUE qu'on peut nouer, odeur d'AMANDE. Clitocybe blanc : chapeau BLANC givré en entonnoir sans mamelon, lames blanches SERRÉES DÉCURRENTES, pied CASSANT, odeur farineuse. Le test du pied plié est le plus rapide sur le terrain.
Confusion toxique
Le rosé a des lames ROSES puis BRUNES et un anneau sur le pied. Le clitocybe blanc a des lames blanches immuables et aucun anneau. Toute lame restant blanche dans une récolte de rosés est à écarter.
Confusion toxique
C. rivulosa est aussi toxique et se distingue à peine : mêmes précautions. Le clitocybe anisé, verdâtre et à forte odeur d'anis, est comestible mais sans intérêt. En pratique, aucun petit clitocybe de prairie ne va au panier.
Vous savez à quoi ressemble clitocybe blanc. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel
Cette fiche donne les critères. Un guide papier et une loupe permettent de les vérifier sur le terrain, où le réseau ne passe pas toujours.
Photos, coupes et critères discriminants sur une page, c'est le format qui permet de comparer deux espèces côte à côte, ce qu'un écran fait mal.
Voir sur AmazonBeaucoup de confusions se tranchent sur un détail de lame ou de pied de quelques millimètres. Un ×10 suffit.
Voir sur AmazonApprendre les dangereux avant les comestibles : c'est l'ordre inverse de la plupart des guides, et c'est le bon.
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Bon comestibleCousin sauvage du champignon de Paris, le rosé des prés blanchit les pâtures après les orages d'août et de septembre. Bon comestible familier des campagnes, il exige pourtant une vigilance de chaque instant : jeune et fermé, il peut ressembler à une jeune amanite phalloïde ou à une amanite blanche, la vérification des lames et de la base du pied est obligatoire à CHAQUE spécimen.
Bon comestibleLe faux mousseron est le champignon des pelouses, celui qu'on ramasse en famille sans quitter le village. Il pousse en arcs de cercle qui reviennent aux mêmes endroits pendant des décennies, sèche sur pied sans pourrir et repart après la pluie suivante, d'où son nom de marasme, littéralement « qui se dessèche ». Son pied élastique qu'on peut nouer sans le casser et son odeur d'amande amère le rendent facile à mémoriser. Sa difficulté est ailleurs : dans les mêmes ronds poussent des clitocybes blancs toxiques, et un cueilleur qui remplit un sac à la poignée en emporte inévitablement.
ToxiqueLe petit-gris est le champignon des paniers de fin de saison, et l'une des fiches où ce guide s'écarte de la tradition. Il est abondant, charnu, facile à identifier, et des générations l'ont mangé, mais les centres antipoison enregistrent régulièrement des tableaux digestifs après sa consommation, y compris chez des cueilleurs qui en mangeaient depuis vingt ans. Le second motif de le laisser est plus mécanique : c'est dans ses ronds que pousse l'entolome livide, responsable d'intoxications sévères, et les deux se ramassent ensemble. Une espèce médiocre au goût, mal tolérée par certains et mêlée à un toxique majeur ne justifie pas le risque.
ToxiqueLe clitocybe de Briançon est une découverte récente de la mycologie française : c'est une série de cas d'intoxication dans les Hautes-Alpes, au début des années 1990, qui a conduit à identifier l'espèce responsable d'un syndrome jusque-là décrit au Japon. Son piège est dans son nom latin, amoenolens, « à odeur agréable » : il sent bon, franchement fruité, et rien dans son aspect ni dans son odeur n'avertit. Les personnes intoxiquées l'avaient ramassé pour un petit clitocybe comestible ou un clitocybe inversé. Ce qui suit n'est pas une gastro-entérite d'une nuit mais des mois de brûlures aux mains et aux pieds : le genre de séquelle qui justifie une fiche même pour une espèce que presque personne ne croisera.