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En bref
Lépiote de Morgan (Chlorophyllum molybdites) : non classé mortel ici, mais toxique : à ne jamais consommer.
Saison de juillet à novembre.
La lépiote de Morgan est une nouveauté désagréable du Sud de la France.
Syndrome gastro-intestinal sévère et prolongé : vomissements et diarrhées violents 1 à 3 heures après le repas, déshydratation rapide, hospitalisation fréquente. C'est le champignon qui cause le plus d'intoxications aux États-Unis, où il est banal dans les pelouses ; en France son arrivée est récente, et c'est précisément ce qui la rend dangereuse. Personne ne l'attend.
La lépiote de Morgan est une nouveauté désagréable du Sud de la France. Elle ressemble à une coulemelle (grande, blanche, écailleuse, avec un anneau coulissant) et elle pousse dans les pelouses irriguées des parcs et des golfs méditerranéens, là où un promeneur ne s'attend pas à croiser un toxique majeur. Elle possède un caractère unique dans toute la mycologie européenne : ses lames virent au VERT GRISÂTRE en vieillissant, parce que sa sporée est verte. Aucun autre champignon comparable de France ne fait ça. Ce détail suffit à trancher, mais il est TARDIF : sur un exemplaire jeune, les lames sont encore blanches, et c'est là que les paniers se remplissent.

Pelouses ARROSÉES, parcs urbains, golfs, jardins et bords de mer du Midi, souvent en ronds ou en arcs après les pluies chaudes.
Rare
Peu de chances d'en trouver : plusieurs saisons de recherche.
Espèce tropicale et subtropicale en EXPANSION vers le nord : signalée en Corse, sur la Côte d'Azur et dans le Sud méditerranéen, sur les pelouses arrosées, les golfs et les parcs. Encore rare en France, mais installée et en progression avec le réchauffement. Sa fiche est autant une veille qu'un avertissement : dans dix ans, elle ne sera peut-être plus rare.
Confusion toxique
La coulemelle a un pied nettement CHINÉ en peau de SERPENT et des lames restant BLANCHES toute sa vie. La lépiote de Morgan a un pied lisse à peine brunissant et des lames devenant VERT GRISÂTRE. En cas de doute sur un exemplaire jeune, faire une SPORÉE : chapeau posé sur du papier blanc quelques heures. Verte = on jette tout.
Confusion toxique
Même genre, mais lames restant BLANCHES à crème et chair rougissant nettement en ORANGE à la coupe. La sporée de la déguenillée est blanche, celle de Morgan est verte.
Confusion toxique
Les agarics ont des lames ROSES puis BRUN CHOCOLAT, jamais vertes, jamais restant blanches. La couleur des lames à maturité sépare les trois groupes.
Vous savez à quoi ressemble lépiote de morgan. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel
Cette fiche donne les critères. Un guide papier et une loupe permettent de les vérifier sur le terrain, où le réseau ne passe pas toujours.
Photos, coupes et critères discriminants sur une page, c'est le format qui permet de comparer deux espèces côte à côte, ce qu'un écran fait mal.
Voir sur AmazonBeaucoup de confusions se tranchent sur un détail de lame ou de pied de quelques millimètres. Un ×10 suffit.
Voir sur AmazonApprendre les dangereux avant les comestibles : c'est l'ordre inverse de la plupart des guides, et c'est le bon.
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Bon comestibleHaute sur pied avec son chapeau en parasol, la coulemelle est un classique des lisières de septembre. C'est un bon comestible, mais c'est aussi l'espèce qui cause le plus d'accidents graves chez les débutants, non pour elle-même, mais parce que de PETITES lépiotes mortelles lui ressemblent. La règle est simple et non négociable : on ne ramasse jamais une lépiote dont le chapeau fait moins de 15 cm de diamètre.
Comestible bien cuit uniquementLa lépiote déguenillée est la grande sœur mal-aimée de la coulemelle, et elle mérite une fiche pour deux raisons opposées. D'abord parce qu'on la ramasse par erreur en croyant tenir une coulemelle : même silhouette de parasol, même taille imposante, mêmes écailles brunes. Ensuite parce que sa distinction est simple et qu'elle vaut d'être apprise : sa chair ROUGIT franchement à la coupe, sa surface est déchiquetée en gros lambeaux retroussés (les « guenilles »), et son pied est LISSE au lieu d'être chiné comme une peau de serpent. Elle n'est pas dangereuse, mais elle est décevante et parfois mal tolérée, et le vrai gain de cette fiche est ailleurs : la même vigilance protège de la lépiote brun-incarnat, elle mortelle.
Bon comestibleCousin sauvage du champignon de Paris, le rosé des prés blanchit les pâtures après les orages d'août et de septembre. Bon comestible familier des campagnes, il exige pourtant une vigilance de chaque instant : jeune et fermé, il peut ressembler à une jeune amanite phalloïde ou à une amanite blanche, la vérification des lames et de la base du pied est obligatoire à CHAQUE spécimen.
Bon comestibleLe coprin chevelu est le champignon du bord de route, celui qu'on repère depuis la voiture : un fuseau blanc dressé de quinze centimètres, couvert de mèches retroussées comme une chevelure. Il n'a aucun sosie dangereux (rien d'autre en France n'a cette silhouette) ce qui en fait l'un des meilleurs champignons pour débuter. Sa difficulté n'est pas l'identification mais le timing : il s'autodigère en quelques heures, transformant ses lames en encre noire, si bien que la fenêtre entre « bon » et « bon à jeter » se compte en demi-journées. Deuxième réserve, celle-là sérieuse : il pousse exactement là où les sols sont pollués, et il accumule.