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Comestible médiocre à correct, jeune uniquement : la chair devient fibreuse et acide en vieillissant. Riche en acides organiques, elle est indigeste en grande quantité. Certains auteurs la consomment crue en fine lamelle en salade, mais la cuisson reste le mode le plus courant.
La langue de bœuf est ce champignon rouge sang, en forme de langue ou de foie, qui pousse à même l'écorce des vieux chênes en fin d'été. Aucune autre espèce française n'a cette allure ni cette texture : une chair rouge veinée de blanc, comme un morceau de viande, qui exsude un jus rougeâtre à la coupe. Elle démarre comme parasite d'une blessure du tronc avant de devenir saprophyte du bois mort, ce qui explique pourquoi on la trouve souvent sur des arbres par ailleurs bien portants. Le critère qui la distingue à coup sûr des polypores voisins se voit à la loupe : ses tubes ne sont pas soudés entre eux, contrairement à tous ses sosies.

Sur troncs vivants de vieux chênes et châtaigniers, plus rarement sur souche. Elle s'installe d'abord sur une blessure de l'écorce avant de coloniser le bois en profondeur, provoquant à terme la coloration brune recherchée en ébénisterie (chêne dit « brun de sinistre »).
Localisé
Abondant dans ses régions, introuvable ailleurs : voir la note.
Présente dans toute la France mais nettement plus fréquente dans les régions à vieux chênes et châtaigniers, notamment le pourtour méditerranéen et l'ouest atlantique. Rare au nord de la Loire et sur les jeunes peuplements.
Inspecter le tronc des vieux chênes isolés, en lisière de forêt, en parc ou en bordure de chemin, entre 1 et 2 mètres de hauteur, là où l'écorce porte souvent une ancienne blessure ou une branche cassée. La fructification est le plus souvent solitaire ou par deux ou trois consoles sur le même arbre, d'août à octobre. Elle est nettement plus fréquente dans les régions à vieilles chênaies et châtaigneraies, notamment le pourtour méditerranéen et le grand ouest atlantique, et devient localisée voire rare au nord de la Loire, où les arbres assez âgés pour l'héberger sont plus rares.
Toutes les régions où trouver langue de bœuf →Confusion sans gravité
Sans danger mais sans intérêt culinaire : chair brune, coriace, immangeable, et tubes soudés en masse compacte. La langue de bœuf a une chair rouge juteuse et des tubes qu'on peut séparer un à un à la pointe d'un couteau.
Le plus souvent cuite : escalopes fines poêlées quelques minutes de chaque côté, ou mijotées pour adoucir l'acidité. Quelques auteurs la consomment crue, en lamelles très fines et en petite quantité, façon carpaccio. Éviter les grandes portions, sa forte teneur en acides organiques la rend lourde à digérer.
Se consomme surtout fraîche, dans les jours suivant la cueillette : sa chair juteuse se conserve mal et devient vite fibreuse. Elle supporte la cuisson puis la congélation en portions déjà poêlées. Le séchage n'est pas la méthode la plus adaptée compte tenu de sa texture aqueuse.
Au-delà de ce qu'on mange dans la semaine : le séchage garde le surplus des années en concentrant le goût, et une poêle en fonte évite le défaut classique, une poêlée qui bout dans son eau au lieu de saisir.
Vous savez à quoi ressemble langue de bœuf. Reste à savoir si c'est le moment : le score de pousse croise les pluies des dernières semaines, l'humidité du sol, la température et la saison, ville par ville.
Voir le score de pousse près de chez vousLe coin matériel

4,8/5
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Lame courbe pour couper au ras sans arracher le mycélium, brosse en soies de sanglier au bout du manche pour nettoyer sur place plutôt que dans l'évier. Fabriqué en Savoie, le seul de la sélection qu'on retrouve chez les cueilleurs depuis vingt ans.

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Les spores retombent en chemin par les claies, et rien ne fermente comme dans un sac plastique : la récolte tient jusqu'à la maison. Quarante-sept centimètres, la taille d'une vraie sortie de saison, et une anse qui passe au bras.

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Un livre papier reste la référence quand le réseau ne passe plus. Plus de 200 espèces, un critère visuel par page. Le nôtre ne remplace jamais une vérification en pharmacie.
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Excellent comestibleLe cèpe de Bordeaux est le champignon le plus recherché de France. Il fructifie par « pousses » spectaculaires 8 à 12 jours après un épisode pluvieux suivi de douceur, de la fin de l'été aux premières gelées. Mycorhizien, il vit associé aux racines de son arbre hôte : un bon coin à cèpes reste productif des décennies tant que la forêt ne change pas, d'où le secret farouche qui entoure les meilleures places.
Excellent comestibleLe bronzé est le cèpe des cueilleurs du Sud, et celui que les autres leur envient. Son chapeau brun très sombre, presque noir et finement velouté, se confond avec la litière au point qu'on le trouve souvent du pied avant de le voir. Il partage tous les caractères rassurants du genre : tubes blancs, chair blanche immuable, pas de rouge sur le pied, ce qui le rend aussi sûr que ses cousins. Sa seule difficulté est géographique : au nord de la Loire, ce que l'on prend pour un bronzé est presque toujours un cèpe de Bordeaux à chapeau foncé.
Bon comestibleLe bolet rude est le champignon qui apprend à lire les arbres. Il ne pousse que sous les bouleaux, sans exception, et sa présence est si fidèle que repérer un bosquet de bouleaux revient à repérer sa place. Ce n'est pas un grand comestible (il faut le prendre jeune et le cuire longtemps) mais c'est un excellent champignon d'apprentissage : le genre Leccinum se reconnaît d'un coup d'œil à son pied blanc couvert de mèches noirâtres en relief, un caractère qu'aucune espèce dangereuse ne possède. Aucun Leccinum de France n'est mortel, ce qui en fait un des rares groupes que l'on peut aborder sereinement.
Comestible bien cuit uniquementLe bolet à pied rouge est le champignon qui fait reculer les débutants pour la plus mauvaise des raisons : sa chair jaune devient BLEU ENCRE en une seconde dès qu'on l'entaille, et son pied est semé de points rouges. Deux signaux qui ressemblent à des avertissements, et qui n'en sont pas. C'est un très bon comestible, à condition de le cuire franchement. Le vrai enjeu de sa fiche est de dissiper la confusion la plus répandue chez les cueilleurs français : le bleuissement n'est PAS un signe de toxicité, et le bolet de Satan (le seul bolet réellement à craindre) se reconnaît à son RÉSEAU rouge et à son chapeau blanchâtre, pas à son bleu.