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Quatre espèces portent le nom de cèpe en France, et toutes les quatre sont d'excellents comestibles : le cèpe de Bordeaux, le cèpe d'été, la tête de nègre et le cèpe des pins. Elles se distinguent au chapeau, à l'étendue du réseau sur le pied, à l'arbre associé et surtout à la saison — c'est ce qui explique qu'on puisse « trouver des cèpes » aussi bien en juin qu'en novembre.
Savoir les séparer sert à deux choses : comprendre quand aller chercher quoi, et surtout retenir ce qui définit un cèpe — donc ce qui n'en est pas un.
| | Chapeau | Réseau du pied | Arbres | Saison | | --- | --- | --- | --- | --- | | Cèpe de Bordeaux<br>Boletus edulis | Brun luisant, fine marge blanche | Blanc, limité au sommet | Hêtre, chêne, épicéa, châtaignier | Fin août → gelées | | Cèpe d'été<br>Boletus reticulatus | Brun beige mat et velouté, souvent craquelé | Brun clair, sur presque toute la hauteur | Chêne, hêtre, châtaignier | Mai → août | | Tête de nègre<br>Boletus aereus | Brun très sombre, presque noir, mat | Fin, brun clair, sur la moitié haute | Chêne vert, chêne pubescent, châtaignier | Fin août → octobre | | Cèpe des pins<br>Boletus pinophilus | Brun rouge à acajou, souvent bosselé | Blanc rosé, marqué | Pin, épicéa, sapin | Fin été → automne, plus tôt en altitude |
Les quatre partagent les traits qui font un cèpe :
Le cèpe d'été est celui qui trompe le calendrier. Il sort dès mai dans les années douces et explique les paniers de juin dont personne ne croit l'histoire. Son chapeau mat et sec, souvent finement craquelé en mosaïque par temps chaud, ne ressemble pas au brun luisant du Bordeaux, et son réseau descend beaucoup plus bas sur le pied. Revers de sa saison chaude : il est plus souvent véreux, et un contrôle systématique à la coupe s'impose. Le détail est traité dans cèpe de Bordeaux ou cèpe d'été.
La tête de nègre se reconnaît de loin à sa couleur sombre, presque noire chez le jeune sujet, et à son aspect velouté, mat, jamais brillant. C'est un champignon de chaleur : chênes verts, chênes pubescents et châtaigniers de la moitié sud, sur sols drainants. Elle est réputée la plus ferme et la plus parfumée des quatre, et elle se conserve mieux que les autres.
Le cèpe des pins est le seul franchement lié aux conifères. Son chapeau tire vers l'acajou, souvent bosselé et irrégulier, avec une marge qui reste enroulée longtemps. En montagne, il sort tôt, parfois dès le mois de juillet sous épicéas.
Le cèpe de Bordeaux est celui de la saison classique, de fin août aux premières gelées. Son chapeau brun luisant — franchement gras par temps humide — et sa fine marge blanche le rendent facile une fois qu'on les a vus, et son réseau blanc reste cantonné au haut du pied.
Le terrain de chaque espèce découle de son arbre partenaire : le cèpe est mycorhizien, il ne pousse pas où son essence n'est pas. C'est le premier filtre à appliquer avant de partir, et c'est ce qui rend le repérage des peuplements plus utile qu'une carte de champignons. Où trouver des cèpes traite en détail les milieux et l'exposition.
Le second filtre est la pluie. Compter sept à douze jours entre l'épisode de pluie déclencheur et la sortie, avec des températures encore douces : c'est le mécanisme détaillé dans combien de jours après la pluie poussent les cèpes, et c'est ce que calcule le score de pousse par ville.
C'est la partie utile de l'exercice. Le genre des bolets compte des dizaines d'espèces, et deux réflexes suffisent à écarter les ennuis :
On écarte tout bolet à pores rouges ou orangés, et tout bolet dont la chair bleuit franchement à la coupe.
Cette règle fait laisser au sol quelques bons comestibles — plusieurs bolets bleuissants sont mangeables. C'est un prix acceptable pour une règle qui n'a pas besoin d'expertise et qui écarte le bolet de Satan, responsable de vomissements violents et d'hospitalisations chaque été.
Le Satan mérite d'être connu de vue, parce qu'il partage la saison chaude et les chênaies calcaires du cèpe d'été. Il a un chapeau gris blanchâtre pâle — jamais le brun d'un cèpe —, des pores rouges et une ceinture rouge vif sur le pied. Les deux comparaisons détaillées : cèpe ou bolet de Satan pour la version d'automne, cèpe d'été ou bolet de Satan pour celle de juin-juillet, qui est en réalité la plus probable.
Enfin, il existe des bolets simplement amers — le bolet de fiel en tête — qui ne rendent pas malade mais gâchent une poêlée entière : un seul suffit à rendre le plat immangeable. Ils ont des pores rosâtres avec l'âge, un réseau sombre sur le pied, et une amertume immédiate. Un fragment de chair goûté puis recraché suffit à trancher, mais ce geste ne se fait que sur un bolet déjà écarté des catégories dangereuses par la règle ci-dessus.
Le coin matériel
Lame courbe pour couper au ras sans arracher le mycélium, brosse au bout du manche pour nettoyer sur place plutôt que dans l'évier.
Voir sur AmazonLes spores retombent en chemin par les claies, et rien ne fermente comme dans un sac plastique — la récolte tient jusqu'à la maison.
Voir sur AmazonUn livre papier reste la référence quand le réseau ne passe plus. Le nôtre ne remplace jamais une vérification en pharmacie.
Voir sur AmazonLe panier occupe une main ; le sac porte l'eau, le coupe-vent et le guide. Trente litres suffisent, avec un dos aéré pour les montées.
Voir sur AmazonPour la voiture et le tri au retour : les cèpes s'écrasent en trois virages au fond d'un coffre, jamais dans une cagette.
Voir sur AmazonOn part avant le jour pour passer devant les autres, et on rentre après. Les mains restent libres pour écarter les branches.
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