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La congélation à cru donne une bouillie spongieuse pour la plupart des espèces, sauf les jeunes cèpes très fermes en lamelles épaisses. La méthode recommandée est de poêler à feu vif jusqu'à évaporation de l'eau, refroidir, puis congeler en portions plates : les champignons se conservent alors 8 à 12 mois et se cuisinent directement congelés, sans décongélation préalable.

La congélation est la méthode la plus pratiquée et la plus mal appliquée. Le geste naturel, vider le panier dans un sac et le mettre au congélateur, donne trois mois plus tard une masse grise et détrempée. Quelques minutes de préparation changent complètement le résultat.
Un champignon contient 85 à 90 % d'eau. En congelant, cette eau forme des cristaux qui percent les parois cellulaires. À la décongélation, l'eau s'échappe : la structure s'effondre, et il reste une texture spongieuse dans une flaque.
Le blanchiment ou la cuisson préalables limitent le phénomène : les cellules ont déjà rendu leur eau et se sont contractées, il y a donc moins d'eau à cristalliser. C'est tout le principe.
La méthode qui donne le meilleur résultat pour presque toutes les espèces.
Avantages : le volume est divisé par trois, le goût est préservé, et le produit est directement utilisable. Conservation : 8 à 12 mois. À la remise en poêle, on cuisine les champignons comme des frais : un champignon sauvage ne se mange jamais cru, et l'Anses demande 20 à 30 minutes à la poêle (ou 15 minutes à l'eau bouillante en jetant l'eau de cuisson).
Ne salez pas et n'ajoutez pas d'ail ou de persil avant congélation : le sel accélère le rancissement des matières grasses et l'ail développe des goûts désagréables au froid. On assaisonne à la remise en poêle.
2 à 3 minutes dans l'eau bouillante salée, puis choc thermique dans l'eau glacée, égouttage complet et séchage dans un linge.
Le blanchiment inactive les enzymes de brunissement et convient bien aux girolles, aux pieds de mouton et aux lactaires, qui se tiennent bien. Il ajoute en revanche de l'eau, ce qui pénalise la texture finale. Conservation : 6 mois.
Uniquement pour de jeunes cèpes très fermes, coupés en lamelles épaisses, congelés à plat sur une plaque puis mis en sac (pour qu'ils ne collent pas entre eux), et destinés à être jetés directement dans une poêle très chaude, sans décongélation. Conservation : 3 à 4 mois, pas plus.
Pour toute autre espèce, le cru donne un résultat décevant.
| Espèce | Méthode conseillée |
|---|---|
| Cèpes | Poêlés ; ou crus en lamelles épaisses si très fermes. Le séchage reste souvent supérieur |
| Girolles | Poêlées à feu vif, ou blanchies. Jamais crues : elles deviennent amères |
| Trompettes | Poêlées, mais le séchage leur va nettement mieux |
| Pieds de mouton | Blanchis (le blanchiment atténue l'amertume) puis congelés |
| Coulemelles | Panées et cuites, puis congelées, la seule façon correcte de les garder |
| Rosés des prés | Poêlés ; ils rendent beaucoup d'eau |
| Morilles | Cuites selon la consigne de l'Anses (20 à 30 minutes à la poêle, ou 15 minutes à l'eau bouillante en jetant l'eau) puis congelées. Jamais crues, elles sont toxiques crues |
La date sur l'étiquette n'est pas une coquetterie : c'est ce qui détermine l'ordre de consommation, et donc le fait de manger sa récolte au lieu de la découvrir périmée deux ans plus tard.
La congélation excelle sur les espèces charnues destinées à des poêlées et des plats mijotés. Elle est en revanche inférieure au séchage pour les cèpes, les trompettes et les morilles, dont l'arôme se concentre en séchant, voir faire sécher les champignons. La conserve maison en bocaux, elle, est à écarter pour les champignons sauvages : le National Center for Home Food Preservation (université de Géorgie) l'exclut expressément (« Do not can wild mushrooms »), et la congélation de préparations cuites la remplace sans risque botulique.
La comparaison des quatre méthodes, avec leurs pièges respectifs, est dans conserver les champignons. Le nettoyage préalable, déterminant, puisqu'on ne congèle que du propre et du sec, est détaillé dans nettoyer les champignons.
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